L'entre deux guerres

L'entre-deux-guerres et l'art moderne

Matisse 1869-1954

L'Odalisque à la culotte rouge(1922)

Durant "sa période niçoise" qui se situe après la guerre de 1914, Matisse montre une prédilection pour les femmes dans un intérieur. Cette Odalisque révèle à quel point l'Orient fascinait Matisse qui mêle les accessoires propres à l'orientalisme romantique et ses souvenirs du Maroc : panneau à décor d'azulejos, tissu à rayures, coussin fleuri, vêtement brodé. Ce n'est pas pour autant l'exactitude conventionnelle du corps ou du décor qui intéresse le peintre, mais l'orchestration des couleurs. Le rouge lumineux étalé sur le sol, le mur et le costume, avec, en contrepoint des harmonies froides de bleu et de blanc, donnent à cette oeuvre un caractère intime et chaleureux.

 

Pierre Bonnard 1867-1947

La toilette( vers 1922)

Bonnard comme Maurice Denis, Ranson,Roussel,Vallotton,Vuillard fit partie du groupe des Nabis( prophète en hébreu). Il abandonna les thèmes décoratifs de sa jeunesse et la facture plate pour se consacrer à la représentation de paysages, de natures mortes et de femmes évoquées bien souvent à leur toilette.

De façon à conserver l'intimité du modèle, ses nus sont souvent peints de dos ou de profil et se reflètent dans un miroir qui en montre une image floue. Le décor où dominent les bleus, les verts, les mauves, met en valeur le nu. Au poêle de fonte noir, correspond la bande bordeaux d'un rideau. Couleur et composition sont très étudiées, et, cependant, n'altèrent pas la poésie d'un sujet dont la banalité n'est qu'apparente.

Henry Ottmann 1877-1927

Orientaliste, précurseur de l'art moderne et contemporain

La courtisane endormie

 

Picasso 1881-1973

Cubisme

Les Demoiselles d'Avignon(1906-1907)

Oeuvre clé de la peinture moderne, les Demoiselles d'Avignon, qui évoquent une maison close située dans une rue malfamée de Barcelone, la carrer d'Avinyo, rompent de façon provocante avec le système de représentation traditionnel. La volonté de se libérer de l'imitation du réel se manifeste, non pas par l'abandon de tout sujet, comme chez les pionniers de l'abstraction, mais par une réinterprétation toute pesonnelle de la figure humaine.Visages et corps subissent les déformations les plus arbitraires; en allant ainsi à l'encontre du sens commun, Picasso provoquait le scandale. On a beaucoup discuté de l'influence que " l'art nègre " aurait exercé sur lui. Mais Picasso a affirmé qu'à l'époque il ne l'avait pas encore découvert. En revanche, il se serait inspiré de la sculpture ibérique ancienne.

 

Paul Delvaux 1897-1994

Dadaïsme et surréalisme

La naissance du jour(1937)

Architecte et peintre bruxellois, Delvaux travaille d'abord de façon réaliste. Vers 1934, Magritte et De Chirico font leur entrée dans son univers. Il se tourne vers le surréalisme et libère totalement son inspiration. Formé d'un réseau compliqué de fils reliés à son espace mental et affectif, l'univers obsessionnel de Delvaux est peuplé de personnages oniriques, surtout de femmes se muant en sirènes ou s'enracinant comme ici dans la terre. Est-ce une référence au mythe de Daphné? A quoi correspond le ruban noué que l'on retrouve dans la plupart des toiles de cette période? Son style et son iconographie sont une référence continuelle au maniérisme mais l'étrangeté hermétique, le mystére poétique, ne sont pas sans rappeler Magritte, tandis que les espaces déserts et les architectures vides portent le souvenir de De Chirico.

 

Max Ernst 1891-1976

La puberté proche (1921), collage de photographies et de peinture, gouache et huile sur papier posé sur carton.

A ses débuts, Max Ernst s'est servi de la photographie, moyen si important pour les peintres dadaïstes. Il n'utilise que rarement de grands découpages photographiques comme c'est le cas ici. En tournant le tableau d'un quart de tour, on reconnaît aussitôt l'origine du personnage central. Il s'agit d'un nu de femme allongée sur  un divan.Son talent transforme le nu allongé en nu en suspension, la photographie de la pornographie bourgeoise en un symbole de la joie de vivre, ou en "un corps catapulté par la volupté". L'allusion à la constellation des" Pléiades" et le geste du bras traversant la boule, avancée vers le visage intérieur, soulignent l'abolition de la pesanteur, qui, certes, récupère dans son champs le pavé, mais perd tout pouvoir  face à la "nudité de la femme".

 

Le jardin de la France( 1962), huile sur toile.

L'artiste puise à nouveau dans le fonds des formes des années 20 pour créer " le jardin de la France" qui révèle un nu de femme  dans un paysage fluvial, dans le style des tableaux de stratifications : l'incarnation nue de la France parée de ses attraits apparaît sous la surface de la terre. Le titre "le jardin de la France" renvoie à la région de dépressions situées entre la Loire et l'indre où l'artiste a vécu de 1955 à 1963 et qui doit son nom à la fertilité. Avec la Loire et l'Indre, que Max Ernts fait couler en sens inverse à la grande surprise du contemplateur, jardins, parcs et champs, illustrés par les bandes en dégradé vert et marron, forment le  lit où sommeille le corps nu de la belle.

 

René Magrittte 1898-1967

Magie noire (1933-1934)

"Magie" que le pouvoir pictural puisse éterniser l'objet de son désir, mais douloureuse "noirceur" que cet objet soit sans vie. Magritte était avant tout un peintre d'idées, de pensées visibles, pas de matières : il n'aimait ni l'abstraction expressionniste qui, en montrant de la matière, ne montraient selon lui, rien qui fût digne de pensée, c'est-à-dire d'intérêt. Magritte n'avait pas d'atelier et à ceux qui s'en étonnaient, il signalait avec malice que la peinture était faite pour être déposée sur la toile et nullement sur la moquette, laquelle en effet restait sans taches . Il aimait élaborer des images à l'aide de croquis ou de petits dessins et il rechignait souvent à les transposer sur la toile, préférant aller jouer aux échecs dans un café de Bruxelles. Bien qu'il ne fut pas un joueur de la force de Man Rey ou surtout de Marcel Duchamp(si dépité d'avoir été battu deux fois de suite par un gamin de onze ans du nom de Fisher), Magritte aimait cette sorte de mathématiques du visible plus que l'action technique de peindre.

 

Salvador Dali 1904-1989

 " La différence entre les surréalistes et moi, c'est que je suis surréaliste "

Vénus et Cupidon (1925)

La période cubiste et picassienne... mais toujours en vedette, le dos féminin et les fesses dans le paysage habituel. Dali, sa soeur et leur ami Federico Garcia Lorca avaient coutume de  qualifier ce type de sujet de "morceaux de cons". Dès les premières oeuvres, il n'est guère de tableau, portrait ou composition, qui ne soit envahi, en toile de fond, par les paysages de la côte catalane, avec leurs rochers aux formes presque humaines auxquelles les personnages font écho

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