Origine des expressions françaises

Origine des expressions

Retrouvez chaque mois une expression nouvelle dans le magazine gratuit de l'Auxerrois et de la Puisaye-Forterre : "le Criquet " en dépôt chez vos commerçants et établissements divers, ou sur son site: www.lecriquet-auxerre.fr

Amuser la galerie

Les « galeries » étaient auparavant des allées couvertes d'où les spectateurs pouvaient observer les joueurs du jeu de paume. Celui-ci, très ancien, apparut en France au XVe siècle. Il s'agissait d'envoyer une balle d'étoupe avec la paume de la main. Ce n'est que sous le règne d'Henri IV qu'apparut la batte de bois, puis la raquette. La balle devait être envoyée sur le mur d'une grande salle le long de laquelle se trouvaient les galeries. Pour se faire remarquer et amuser les spectateurs dans la galerie, les participants agrémentaient leur jeu de pirouettes et autres sauts acrobatiques. On disait alors qu'ils amusaient la galerie.

Aujourd'hui et par extension, la « galerie » désigne l'opinion publique. Il s'agit donc de se monter spirituel avec son entourage.

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Au temps pour moi

L'expression très fréquente à l'oral, pose un problème à l'écrit! L'expression autant pour moi est en effet fautive, et il convient de l'écrire sous la forme au temps pour moi si l'on souhaite en respecter le sens.

Cette expression vient en effet du parler militaire, et est notamment utilisée dans le milieu de l'infanterie. Il s'agit d'un ordre de l'officier qui vient de dire reposez armes, et qui, n'étant pas satisfait de l'exécution (toutes les crosses doivent toucher terre ensemble), demande à ses soldats d'exécuter de nouveau l'ordre en reprenant un temps en arrière. Notons que l'on retrouve cette expression en italien sous la forme : al tempo!

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Avoir du pain sur la planche

Contrairement à ce que l'on croit fréquemment, cette expression ne signifie pas du tout avoir beaucoup de travail à faire. Elle signifie en fait avoir des réserves, c'est à dire avoir du pain d'avance, et bien rangé sur une planche qui était autrefois suspendue au plafond pour préserver le pain des rats et des souris : le paysan ne faisait pas son pain tous les jours.

L'expression a donc pour sens l'avenir immédiat est assuré.

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Avoir un nom à coucher dehors

Cette expression a une origine assez surprenante. Elle provient en effet d'une époque où lorsqu'une personne était perdue et devait demander le gîte à des inconnus, il valait mieux pour elle, qu'elle ait un nom à résonance chrétienne pour que quelqu'un accepte de lui offrir un endroit où passer la nuit.

Il en était de même dans les auberges où les personnes dont le nom était le plus bourgeois avaient le plus de chances d'obtenir une chambre. Ainsi, les autres allaient devoir dormir dehors.

C'est pour ces raisons que l'on dit avoir un nom à coucher dehors, dont le sens est heureusement aujourd'hui différent puisqu'il s'agit simplement d'avoir un nom compliqué à prononcer ou à retenir, même si l'expression a toujours une valeur relativement négative.

Toutefois... à bien regarder l'actualité, on pourrait se demander si le sens propre du terme n'est pas toujours en application !

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Eclairer la lanterne de quelqu'un

Cette expression datant de 1873 est une allusion à une fable de Florian.

Celle-ci conte l'histoire d'un homme qui possédait une lanterne magique et un singe malicieux : Un jour, lorsque son maître s'absenta, le singe lui emprunta la lanterne et fit un spectacle aux autres animaux du village. Il utilisa la lanterne pour symboliser le soleil et expliquer aux spectateurs la naissance du monde. Cependant, ceux-ci n'entendirent rien de ce que racontait le narrateur. En effet, il avait oublié d'allumer la lanterne!

Aujourd'hui, éclairer la lanterne de quelqu'un, c'est lui expliquer quelque chose, lui fournir des commentaires essentiels à sa compréhension.

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En mettre sa main au feu

Au Moyen Age, lorsque les enquêtes concernant la culpabilité d'une personne s'annonçaient longues et fastidieuses, on préférait soumettre les accusés à une épreuve appelée :  le jugement de Dieu. Celle-ci existait de différentes manières. Il pouvait s'agir de tournois, de duels, mais également d'autres formes d'épreuves beaucoup plus radicales !
On attachait l'accusé par les poignets et par les chevilles et on le jetait à l'eau. Si son corps flottait, c'est qu'il était coupable. Il pouvait également s'agir de tenir dans ses mains une barre de fer sortant des braises ou encore de laisser sa main dans les flammes. Si elle en ressortait indemne, cela signifiait que l'on était innocent.

Mettre sa main au feu est donc une référence à ce jugement de Dieu, et on l'emploie maintenant pour affirmer ses propos, lorsqu'on cherche à convaincre une personne que l'on a raison !

Etre à la bourre

Autrefois, être à la bourre signifiait que l'on était pauvre, dans la misère. Cette expression serait née d'un jeu de cartes appelé bourre. Celui-ci pouvait se jouer à deux, trois ou quatre. Tous les joueurs misaient la même somme, et le tout était ensuite partagé entre eux en fonction du nombre de plis que chacun avait fait. Lorsque l'un d'eux n'avait fait aucune levée, on disait alors qu'il était bourru. Au fil des manches, il était possible de ramasser un bon paquet d'argent, si bien que celui qui bourrait était celui qui avait pris du retard dans le nombre de plis amassés et donc perdu toute sa fortune!

Par extension, être à la bourre est entré dans le langage courant pour signifier qu'une personne est en retard.


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Etre au bout du rouleau

J'usqu'au Moyen Age, le role était une sorte de bâton d'ivoire ou de buis sur lequel les anciens collaient des parchemins, et qui faisait office de livre. Plus tard, ce mot s'est transformé et a servi à désigner d'autres types d'objets. Quand le parchemin était de petite taille, on l'appelait un rollet. Ce nom s'est appliqué au domaine du théâtre où l'on disait d'un comédien qui avait obtenu un petit rôle qu'il avait un rollet, soit : peu de répliques, et par extension, peu d'arguments. A partir du mot role est également apparu le rouleau, diminutif de role de papier, et qui désignait les rouleaux de papier que l'on connaît encore aujourd'hui et qui servaient déjà à l'époque à ranger les pièces de monnaie.

Etre au bout du rouleau signifiait donc ne plus avoir de ressources, avoir utilisé toutes ses pièces. Aujourd'hui le sens est le même mais s'est étendu à tout type de ressources physiques ou morales : être épuisé !

Faire des gorges chaudes de quelqu'un

L'expression signifie se moquer ouvertement de quelqu'un. Au départ, il s'agit d'un terme de fauconnerie : une gorge chaude désigne un morceau de la chair d'un animal juste tué, et encore chaude, que l'on donnait en récompense au faucon.

La banlieue

Il faut remonter au Moyen Age pour retrouver l'origine de ce mot. Les paysans vivaient sous la tutelle du château qu'eux-mêmes ou leurs ancêtres avaient parfois contribué à construire. Le châtelain les dirigeait en tant que maître d'un ensemble de terres, le domaine seigneurial, et en tant que détenteur de pouvoir de commander et de punir : les droits de ban, qui autrefois n'appartenaient qu'au roi.

Certains équipements, indispensables aux habitants, moulin, four, pressoir étaient mis en commun et leur utilisation était l'occasion de percevoir des taxes : les banalités.
Ainsi, aujourd'hui, dire des banalités revient à parler de lieux communs. Ces services se situaient à environ une lieue (4,445 km) du château. Il suffit maintenant d'associer les mots ban et lieue !

Marquer d'une pierre blanche

En France, sous l'Empire, la participation au service militaire pouvait être volontaire ou tirée au sort. Ainsi le futur soldat plongeait la main dans un sac rempli de cailloux noirs et blancs. Si la pierre retirée était noire, il devait alors partir au combat... ou bien payer un autre homme moins riche que lui pour qu'il le remplace! Si à l'inverse la pierre était blanche, alors il était exempté de service militaire. On comprend qu'il devait se souvenir de ce jour heureux où le caillou blanc lui avait évité la mort.

Depuis, nous utilisons cette expression pour signifier un événement important à nos yeux que nous désirons nous rappeler.

Merde

Il n'existe aucune certitude quant à l'origine de cette acception du mot qui est attestée au cours de la première moitié du XXe siècle.

Nous avons des quantités de manières d'utiliser ce sympathique mot, souvent en tant que juron associé à des situations désagréables. Mais il se trouve que, chez nous, on l'utilise aussi pour souhaiter bonne chance à quelqu'un.

Comment cela se peut-il ?

La version la plus probable vient d'un simple usage superstitieux où, comme le souhait de bonne chance est interdit car il peut provoquer un échec, le mot qui en est considéré comme l'antonyme permet de déjouer le mauvais sort qui attend celui qui va subir l'épreuve (d'ailleurs, en rajoutant une couche de superstition, alors que la première n'est même pas encore sèche, le destinataire est interdit de répondre merci sous peine d'annuler la conjuration du sort...)

Une autre version, hélas non attestée, voudrait que dans le monde du théâtre, souhaiter merde à un acteur, c'était espérer pour lui que de nombreux fiacres viennent devant le théâtre déposer les spectateurs. Et comme les chevaux ont une fâcheuse tendance à déposer des mottes bien particulières sur leur trajet, beaucoup de crottin devant le théâtre signifiait alors beaucoup de spectateurs, donc du succès et de la chance!

Et puis il ne faut pas oublier que, toujours chez les superstitieux, marcher du pied gauche dans une merde sur le trottoir est supposé porter chance (sauf si c'est une crotte de chat noir déposée sous une échelle, bien entendu)...

Mettre (avoir) la puce à l'oreille

Cette expression a changé de sens au cours des siècles.
Elle est attestée pour la première fois au XIIIe, sous la forme mettre la puche en l'oreille, à une époque où les petits parasites pullulaient, quel que soit le niveau social de leur hôte, et où les tourments qu'ils provoquaient occupaient les esprits et les mains (pour des séances de grattage où il n'y avait rien à gagner!)
Bizarrement, elle signifiait alors "provoquer ou avoir un désir amoureux", sens que Jean de la Fontaine utilisait encore dans ses Contes :
«Fille qui pense à son amant absent
Toute la nuit, dit-on, à la puce à l'oreille
»

Au XVIIe siècle, l'expression se transforme, le a remplace le en et, surtout, le sens devient "être inquiet, agité", comme pour quelqu'un qui aurait senti une puce venir se loger dans son conduit auditif et qui en craindrait les conséquences « démangeatoires ».(j'ai aussi le droit d'inventer des mots).

Parallèlement, dès le XIVe siècle, on évoquait déjà les oreilles qui sifflaient ou démangeaient lorsque quelqu'un était supposé parler de vous.

C'est probablement l'association de ces bizarres démangeaisons ('méfiez-vous, quelqu'un dit du mal de vous!') et de l'inquiétude de quelqu'un ayant la puce à l'oreille qui a donné le sens moderne de cette expression, à savoir

Eveiller l'attention, la méfiance, les soupçons (avoir l'attention éveillée, se douter de quelque chose ou se méfier de quelqu'un).

Mettre son grain de sel

Si un grain suffit, c'est qu'autrefois, le sel était très rare et son prix élevé. Il ne fallait pas en mettre plus que le strict nécessaire. C'était une denrée lourdement taxée, en particulier par la très impopulaire gabelle.

Au figuré, cette expression désigne une intervention plus ou moins agressive dans une discussion, ce qui lui donnerait alors un intérêt nouveau tout comme le sel relève le goût des aliments. Mais si le sel est nécessaire dans notre alimentation, il ne faut pas forcer la dose car ce serait néfaste à notre santé.

Evitons donc dans une querelle de mettre plus d'un grain afin de ne pas l'envenimer et de rendre les propos échangés sinon immangeables du moins imbuvables !

Passer du coq à l'âne

Cette expression serait un dérivé de celle datant du XIVe siècle : saillir du coq à l'asne.
Au XIIIe siècle, le mot asne désignait une cane. Saillir quant à lui n'a pas changé de sens, il signifie toujours s'accoupler. A savoir que les coqs essaient parfois de se reproduire avec des canes.

Saillir du coq à l'asne serait donc devenu passer du coq à l'âne par déformation du mot ane sans accent.
Cette expression signifie actuellement que l'on parle d'un sujet puis d'un autre alors que ceux-ci n'ont pas de liens directs.

S'en battre l'œil

Si une personne vous dit mon œil! pour vous faire comprendre qu'elle ne croit pas un traître mot des billevesées que vous venez de lui proférer, c'est qu'elle est quelque peu vulgaire, puisque ce n'est qu'une manière politiquement correcte de vous dire mon cul!. Parce que si l'œil est la plupart du temps cet indispensable organe de la vision qui, outre le regard, représente métaphoriquement la connaissance ou la conscience morale, il se trouve que c'est aussi beaucoup plus trivialement et en argot, le trou de balle.

Et croyez-moi, en affirmant cela, je ne me mets pas le doigt dans l'œil!

Hélas oui! Même si Jean de La Fontaine a utilisé cette expression, il faut bien admettre que, depuis le XVIIe siècle, elle cache quelque chose de vulgaire.

S'en battre l'œil ou se taper régulièrement le derrière sur son siège, serait donc une manière de montrer qu'on se moque complètement d'une chose ou d'une personne.

Quant à se tamponner le coquillard, si elle est plus récente (XIXe siècle), elle a la même signification, le coquillard étant un dérivé des sens vulgaires de la coquille qui, au XVIe siècle désignait le pénis, mais qui, au moment de l'apparition de cette expression, était le sexe féminin. Et tamponner désigne le choc, comme dans un accident de voiture.

Alors qu'une femme se batte le derrière ou se tamponne le sexe sur son siège, le résultat est bien le même.

Dans la seconde forme de l'expression, le coquillard a tendance à disparaître, puisque maintenant on dit facilement : Il peut penser ce qu'il veut, je m'en tamponne !.

Autrement dit:

S'en moquer complètement... (de quelqu'un ou quelque chose)

S'en moquer comme de l'an quarante

Cette locution étrange signifie actuellement s'en moquer éperdument. En fait, elle n'a aucun lien avec les mathématiques, ni avec le calendrier : elle remonte à l'époque des Croisades, où les chevaliers chrétiens disaient se moquer d'une chose ou de quelqu'un comme de l'alcoran.

L'alcoran, ou le Coran, signifie en arabe la lecture : il s'agit du livre sacré des musulmans. Cette expression est donc née d'une déformation cocasse due à l'incompréhension du mot.

Tirer les vers du nez

Au sens propre, cette phrase fait référence aux vers appelés « comédons » ou en langage populaire les « points noirs », petites masses graisseuses qui obturent certains pores de la peau, particulièrement sur le nez.
En fait, cette expression qui sous-entend au sens figuré, chercher par la manière douce à obtenir des infos de quelqu'un ou à révéler ce qu'il sait, serait inspirée par un mot homonyme « ver » venu du latin « verum », vrai et qui a été employé aux XIe et XIIIe siècles dans le sens de vérité.

Ce sont donc des vérités premières et non pas des vers qu'on extirperait.

Trier sur le volet

Au XIIIe siècle, les murs des maisons campagnardes étaient faits avec de la paille et de l'argile mélangées, le torchis, le sol était en terre battue et les fenêtres ne comportaient pas de vitres. Seuls les riches utilisaient des vessies de porc, huilées, grattées, étalées, rendues translucides ou les garnissaient de toiles de lin trempées dans la résine. Pour se protéger des intempéries, il ne restait donc aux plus pauvres que les volets. Ceux-ci étaient formés de deux battants horizontaux en bois. On relevait celui du haut avec des cordes et le deuxième était abaissé de façon à faire tablette. Dessus, les paysans exposaient ce qu'ils avaient à vendre. Ainsi, les acheteurs pouvaient choisir... ils triaient sur le volet !

Maintenant, l'expression s'emploie au sens figuré pour opérer une sélection avec une grande rigueur.

Tuer la poule aux œufs d'or

On connaît l'histoire : un brave fermier possédait dans son poulailler, une poule dont la particularité aussi curieuse qu'appréciable était de pondre chaque jour un œuf en or ! Ce brave homme était naïf et s'imagina qu'en ouvrant le ventre du volatile il allait mettre la main sur le trésor qui s'y trouvait certainement. Bien entendu, le malheureux ne fit rien d'autre que de tuer... la poule aux œufs d'or.
La courte fable de La Fontaine qui porte ce titre s'achève par la constatation que bien des gens ont tout perdu pour vouloir trop tôt être riches.

L'expression qui en découle, a la même signification au sens figuré : On perd tout à vouloir trop gagner. Mais ce qui est curieux, c'est que cette expression a seulement été usitée vers le début du XIXe siècle alors que la fable a été publiée en 1668, elle-même tirée d'Esope.
Auparavant, au XVIIIe siècle, on disait simplement tuer la poule pour avoir l'œuf. Elle était sans doute trop banale et il fut jugé préférable d'évoquer l'or propre à faire rêver le cupide mis en scène par La Fontaine.

Un vent à décorner les bœufs

Un vent très violent.
J'imagine bien que, pour qu'il soit capable d'arracher les cornes des bovins, il faudrait que le vent soit extrêmement fort . Mais à ma connaissance et à celle de Météo France, personne ne s'est jamais plaint de s'être pris une corne dans la figure un jour de tempête.
Comment une telle image a-t-elle donc pu germer dans l'esprit de ceux qui l'ont inventée ?
La seule explication plausible qui court les champs est la suivante :
Lorsqu'ils sont parqués en stabulation libre dans une étable, les bovins sont susceptibles de se blesser mutuellement avec leurs cornes et d'être gênés pour accéder à leur nourriture. Certains éleveurs laitiers ont remarqué des vaches qui ont tendance à « cornailler en pâture », c'est à dire à se « bigorner »(faire l'usage des deux cornes) entre elles. Pour leur éviter ça, il faut donc les écorner.
Mais cette opération, qui se pratique alors que les animaux sont en liberté dans les champs, provoque des saignements qui attirent les mouches et autres insectes en grande quantité, ce qui n'est pas très recommandé pour les plaies.
C'est pourquoi les paysans futés, profitant du fait que les mouches préfèrent faire une belote au chaud chez elles les jours de grand vent, pratiquent l'opération à ces moments-là, permettant ainsi à la plaie de sécher et cicatriser bien plus facilement.
Limpide, non?
Mais alors que répondre lorsqu'un paysan vous assure à juste titre que l'écornage des boeufs pour la stabulation libre ne se pratique que depuis le milieu du XXe siècle et qu'on sait que l'expression est attestée depuis le XIXe ?
Il suffit de lui rétorquer que, même hors besoins liés à l'étable, l'écornage des animaux se pratique au moins depuis le XIIe siècle (date d'apparition du mot) et que, par conséquent, on peut imaginer que les paysans ont eu, depuis ce temps, largement le temps de constater l'influence du vent sur la présence des mouches et la cicatrisation des plaies.
Maintenant il reste un vocable inexpliqué, l'expression « un vent à décorner les cocus »... un vent de trahison, sans doute...

Verser son obole

L'obole désigne une petite pièce de monnaie de l'antiquité grecque, qui avait une valeur très symbolique : on plaçait une obole entre les dents du défunt pour lui faciliter le passage du fleuve Achéron aux Enfers. Il s'agissait de la rétribution due au hideux cocher Charon: point d'obole, point de passage !
Aujourd'hui, l'obole désigne une petite somme d'argent, un don, un présent de faible valeur, mais que l'on verse encore pour une quête, pour une souscription.

Dernière mise à jour de cette page le 04/01/2009

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